FYI #169 – For Your Inspiration cette semaine, on questionne la voix des marques et des organisations dans un monde saturé d’algorithmes : faut-il adopter les codes dominants (trolling, clash, provocation) pour exister et capter l’attention sur les réseaux sociaux ? (1), zoom sur les chiffres réels derrière le SEO et l’IA qui transforment le trafic web (2), en passant par le pouvoir du podcast pour raconter des métiers et créer de la confiance (3).
Et en bonus, on vous dévoile un extrait de notre baromètre sur les tendances de communication RH et corporate de l’année 2026 (4).
Ensemble, découvrons comment exister et être entendus dans un écosystème saturé et piloté par les algorithmes.
Bonne lecture !

Troller pour se faire entendre
Par Hugo, french décrypteur
Aujourd’hui, quelles marques peuvent encore se permettre de ne pas être présentes sur les réseaux sociaux ? Elles sont rares. Très rares.
En devenant incontournables, ces plateformes ont redéfini les règles de la prise de parole. Et avec des algorithmes devenus rois, cela a aussi fait émerger un phénomène préoccupant : la violence comme moteur de viralité. La reprise de Twitter par Musk, combinée à l’essor fulgurant de TikTok, a accentué ce constat. Les contenus les plus visibles sont souvent les plus clivants : ceux qui choquent, caricaturent et, bien souvent, déforment la réalité.
Fight fire with fire ?
Face à cette logique, certains acteurs politiques reprennent délibérément ces codes. Le compte The French Response sur X, créé par le Quai d’Orsay pour lutter contre la désinformation, adopte ainsi les méthodes du trolling pour répondre à ses adversaires.
En 2025, le gouverneur californien Gavin Newsom s’est lui aussi imposé comme une figure anti-Trump en reprenant explicitement ses codes sur les réseaux sociaux, sous une devise assumée : “Fight fire with fire.”

Et les marques n’en sont pas exemptes. Sidaction avec la campagne “Alpha Safe” a conçu des contenus TikTok en empruntant volontairement certaines accroches masculinistes. Une stratégie pensée comme un cheval de Troie pour capter des cibles exposées à ces discours, avant de déplacer la conversation vers des messages de prévention.
Avec DeepTruth, Engie a choisi d’informer sur les énergies renouvelables en adoptant volontairement un ton décalé, empruntant aux codes des contenus complotistes. Une mécanique qui rappelle la récente collaboration entre Le Gorafi et la CAF : l’institution s’est appuyée sur le média satirique pour diffuser de fausses informations volontairement absurdes, conçues pour capter l’attention avant de révéler le message de “désintox”.

Troller ou ne pas troller ?
Derrière l’apparente liberté créative offerte par les plateformes se cache pourtant une réalité plus contraignante. Ne pas adopter certains codes, c’est risquer de devenir inaudible. Mais les adopter, c’est aussi prendre le risque de normaliser certaines pratiques. Considérer que les méthodes seraient neutres vis-à-vis des finalités défendues est une illusion. Car à force de « lutter contre le feu par le feu », une question demeure : la confiance peut-elle en sortir indemne ?

IA, SEO et baisse de trafic : ce que disent vraiment les données
Par Fabrice, bison futé
Récemment, un chiffre est apparu dans les veilles sur l’IA. Il annonçait une baisse de trafic de 36 % pour le New York Times. Mais en y prêtant attention sérieusement, les données citées indiquent surtout que la part de trafic venant de la recherche organique est tombée à 36,5 % en avril 2025, contre 44 %, trois ans plus tôt. Ce qui n’est pas exactement la même chose. Bref, ce n’est pas si simple, alors revenons ensemble sur quelques idées reçues sur le rapport entre IA, SEO et baisse de trafic.
Idée reçue n°1 : “Le SEO est en baisse”
Oui, mais.
La baisse du trafic des médias est en grande partie logique. Très exposés, ils dépendent fortement de requêtes informationnelles : des recherches visant à obtenir une réponse précise à une question. Or, ce sont précisément ces requêtes auxquelles l’IA peut désormais répondre directement, sans générer de clic.
Pour les sites corporate ou de recrutement, le tableau est moins sombre. Beaucoup de requêtes clés sont liées à la marque, au fait de vouloir postuler par exemple, et qui requièrent de se rendre sur le site.
Une analyse Graphite × Similarweb portant sur 40 000 grands sites conclut que le trafic “organic search” est en baisse, oui… mais modérément : – 2,5 % sur un an.
Idée reçue n°2 : “On n’utilise plus Google”
Faux.
Le trafic vers Google est en légère hausse (+ 0,8 % en 2025), et les visiteurs de Google progressent (ex. comparaison Q4 2025 vs Q4 2024). Le volume global de clics organiques envoyés vers les sites est resté « relativement stable » sur un an.
Notre conseil ?
Additionner les chances de vous trouver en utilisant SEO… et AEO.
Pourquoi ? Parce que Google reste un réflexe MAIS il s’ajoute aux recherches effectuées sur les IA. En clair, il faut additionner vos stats et non pas les soustraire. Un phénomène identique à l’avènement des réseaux sociaux : la visibilité ne se joue plus uniquement en page 1 de Google, c’est une réalité, il faut très sérieusement considérer ChatGPT et les signaux de marque (aka les mentions sur les réseaux sociaux).
Ce qui compte aujourd’hui, c’est votre autorité, votre capacité à exister et à faire référence au-delà de votre propre site. Cela passe par votre présence sur les réseaux sociaux bien sûr, mais aussi sur l’ensemble des plateformes d’information.
C’est précisément ce que nous explorons dans notre livre blanc Comment l’IA réinvente votre présence numérique autour de 4 points essentiels : mesurer autrement, consolider l’autorité, structurer votre site à la fois pour la machine et pour l’utilisateur et optimiser la conversion.
Chez WAT, nous avons à cœur de cultiver la confiance et notamment de bâtir des marques de confiance. Car c’est en faisant autorité, en étant des sources fiables, capables de nourrir les réponses des nouvelles IA que l’on pourra aussi gagner la confiance de nos audiences.

De voix en voies, le podcast de l’OPCO Santé
Essentiels mais trop souvent méconnus, les métiers du soin, du social et du médico-social sont au cœur de « De voix en voies », la série de 6 podcasts que nous avons conçue pour l’OPCO Santé avec Louie Media. En choisissant le format du podcast, nous souhaitions inscrire le plan de communication 2026 de l’OPCO Santé dans une approche plus storytellée et incarnée pour valoriser le secteur et ses métiers.

À travers les voix d’Anaëlle, Mahdi, Guillaume, Madeleine, Calypso et Tom, infirmiers, aides-soignants, éducateurs spécialisés, psychomotriciens ou ergothérapeutes racontent leur quotidien, leurs choix et ce que ces métiers changent, pour eux comme pour les autres.
Pensée comme un dispositif de communication au long cours, la série est diffusée gratuitement sur Spotify, Deezer et Apple Podcasts à raison d’un épisode par semaine et sera soutenue par un dispositif de sponsoring pour amplifier son audience.

2026, l’année du choix créatif ?
En ce début d’année, nous avions à cœur de mieux comprendre et éclairer ce qui nous attendait en 2026. Vous avez été nombreux à répondre à notre sondage et nous vous en remercions. Extrait de notre décryptage.
« Ce que nous révèle ce baromètre, c’est que 2026 va être une année d’arbitrages. Il s’agira en effet pour nombre d’entre vous de faire face à plusieurs priorités, comme mieux embarquer au sein de l’entreprise ou rester attractif, tout en rationnalisant les investissements et les actions de communication.
Car dans un climat politique et économique incertain, l’heure est souvent à l’économie. Financière, certes, mais aussi de l’attention (ici au sens premier du terme, celle qu’on ne cherche plus tant à capter qu’à économiser : le fameux « moins mais mieux »). Alors que la saturation des canaux et la fatigue informationnelle apparaissent comme 1er frein à l’impact de la communication (60 % des réponses), rationnaliser ses prises de parole ne semble plus relever du choix, mais de la nécessité. Certains répondants nous disent constater des baisses de performance dues à une “multitude de sujets dans une journée et à la sur-sollicitation”.
Comment rester visible dans un environnement saturé et avec de nouveaux intermédiaires (coucou l’UGC (User Generated Content), coucou l’IA) ? Comment engager les parties prenantes quand elles semblent épuisées par le bruit informationnel ? Des enjeux qui dépassent la communication. En 2024, 54 % des Français se déclarent fatigués de l’information et plus de 8 Français sur 10 ont l’impression de voir toujours les mêmes actualités*. Une lassitude qui pousse certains à s’éloigner, voire à décrocher. La communication doit alors réfléchir, et plutôt deux fois qu’une, à son utilité, son incarnation, sa capacité de projection et sa fréquence. Un juste équilibre à trouver pour gagner cette bataille de l’attention mais aussi celle de la confiance. »

À bientôt,
La team We are together

