FYI #170 – For Your Inspiration cette semaine, on parle de matching (au sens large) : comment choisir les bonnes voix, les bons usages et les bons partenaires. D’abord, un zoom sur la Silver Influence et la façon dont les seniors reprennent la parole (et la place) dans les marques… y compris côté marque employeur (1). Ensuite, un extrait de la tribune de notre Directeur de l’innovation sur la dette cognitive et une image qui fait mouche pour penser l’IA en entreprise : la brigade de cuisine (2). Et on termine avec une campagne signée WAT qui détourne les codes des applis de rencontre pour rappeler qu’en matière de droit, toutes les rencontres ne se valent pas (3).
Ensemble, explorons comment créer des alliances vertueuses : intergénérationnelles, humaines/IA, marque/public, sans perdre ce qui fait la valeur : le discernement.
Bonne lecture !

Les seniors ont des choses à dire !
Par Léa, 75 ans (dans 50 ans)
Produits d’assurance, appareillage, anti-rides, sensibilisation sur la solitude. A l’évocation de ces quelques produits, vous devez vous douter de qui je vais parler : les seniors. Et malheureusement pour eux, il faut admettre qu’ils apparaissent presque uniquement lorsqu’il s’agit de produits ou services qui leur sont spécifiquement destinés. Bref, ça ne fait pas rêver.
Or, comme tout le monde, les seniors ont besoin de représentation. La vie ne s’arrête pas à 50 ans, au contraire, et certaines voix le montrent déjà, notamment avec la Silver Influence qui explose sur les réseaux.
C’est également ce qu’incarne le média digital Mesdames Média de Maitena Biraben ou le magazine VIEUX d’Antoine de Caunes. Un papier trimestriel qui dépoussière l’image de la vieillesse et traite des sujets d’actualité sous le prisme de l’âge. Preuves qu’on peut assumer son âge tout en restant visible,influent et inspirant, sur les réseaux comme dans les médias.

Les marques suivent aussi le mouvement.
Matmut, dont le compte TikTok s’est fait “hacké” par des seniors, qui se retrouvent au cœur de tous les contenus du compte. Une programmation autour de conseils de prévention, le tout sur un ton humoristique pour s’adresser à toutes les générations. Un choix qui met en avant la transmission intergénérationnelle sur des sujets dont on se sent parfois éloignés.
C’est aussi Loewe, qui avait mis à l’honneur Maggie Smith pour sa collection printemps 2024, ou encore Monoprix avec Lena, 102 ans et Gilles, 100 ans qui partagent leurs produits préférés. L’idée : “Suivez leurs conseils, ils savent ce qu’ils font ».
Ces initiatives montrent que les seniors ne sont plus seulement une cible : ils incarnent style, expérience et sagesse.

Alors pourquoi ne pas valoriser cette richesse dans les marques employeurs ?
En 2024, l’APEC adopte cette posture en représentant les seniors comme de véritables « super-héros » dont l’expérience est leur puissance. La même année, c’est EasyJet qui lance une campagne de recrutement Returnships, luttant contre les idées reçues sur le travail dans l’aviation et montrant que l’on peut être membre d’équipage à n’importe quel âge.
La sous-représentation des seniors peut devenir une opportunité : posture de mentors, ambassadeurs de l’expérience, vecteurs de savoir… Communiquer avec eux, que ce soit à destination des jeunes ou des pairs, ne rend pas une marque “has-been”. Au contraire : cela envoie un signal fort d’inclusion et de diversité, c’est montrer une vision cohérente et moderne de l’entreprise. Être moderne, ce n’est pas courir après la jeunesse à tout prix. C’est représenter tout le monde, de la première à la dernière étape d’une carrière, parce que c’est ça, la réalité.
Et pour vous ?
- Valorisez l’expérience : l’âge n’est plus un sujet RH “sensible”, c’est une valeur ajoutée. Ça rend votre promesse employeur plus inclusive et plus désirable pour toutes les générations. Un vrai signal de modernité pour votre marque.
- Pensez levier éditorial : expérience, stabilité, connaissance métier… Autant d’angles pour créer des contenus plus authentiques, plus crédibles, et plus mémorisables.

IA, La brigade de cuisine : un modèle pour l’entreprise augmentée ?
Par Géraud, couteau le plus aiguisé de notre tiroir IA
Dans sa nouvelle tribune, notre directeur de l’innovation Géraud Tarride, revient sur un concept mis en lumière par le MIT Media Lab en 2025 : la dette cognitive. En résumé, les personnes qui laisseraient l’IA faire le gros du travail auraient un cerveau qui fournit moins d’effort pour structurer, raisonner et mémoriser. Une dette qui peut à terme affaiblir leur capacité à penser de manière autonome. Un constat qui pourrait invalider pour lui la vision dominante qui s’est imposée dans les entreprises : celle du collaborateur-chef d’orchestre ou le professionnel « augmenté », libéré des tâches d’exécution, qui ne ferait plus que superviser l’IA. Il revient pour nous, sur un modèle auquel il croit davantage dans cette intégration de l’IA au sein de l’entreprise : la brigade de cuisine. Extrait.
“Il existe un modèle d’organisation qui, depuis plus d’un siècle, résout élégamment cette tension entre performance opérationnelle et préservation des compétences : la brigade de cuisine. Dans une brigade, telle que codifiée par Auguste Escoffier, personne ne naît chef. Chaque poste correspond à un niveau de maîtrise, et chaque niveau se mérite par la pratique. C’est exactement le modèle dont l’entreprise augmentée devrait s’inspirer.
Le commis épluche, taille, prépare. C’est ingrat, répétitif, mais pourtant absolument essentiel. Dans l’entreprise, ce sont les novices. Ceux qui devraient apprendre d’abord sans assistance artificielle. Non par nostalgie, mais par nécessité neurologique. Comme l’a montré le MIT, c’est cet effort initial qui construit les réseaux cognitifs sur lesquels tout le reste repose. Un apprenti cuisinier ne commence pas devant un robot-cuiseur ; un jeune professionnel ne devrait pas commencer devant un LLM.
Le chef de partie est formé jusqu’à maîtriser une spécialité. Il doit être autonome sur son poste et surtout capable de s’adapter aux cas qui se présentent à lui. Dans l’entreprise augmentée, c’est le professionnel confirmé qui utilise l’IA comme un levier pour repousser ses propres limites sur ses expertises acquises par l’expérience, pas comme une béquille pour faire à sa place.
Le sous-chef coordonne l’ensemble du service. Sa légitimité vient du fait d’avoir traversé chaque poste. Transposé dans l’entreprise, c’est le manager, celui qui orchestre les workflows hybrides humain-IA.
Le chef, enfin, donne sa vision de la cuisine, le rythme, et à la fin, il goûte et rectifie. Ce jugement quasi instantané est le produit de toutes les années passées aux postes précédents. Il sait ce qu’il est en droit d’exiger. Dans l’entreprise, c’est le directeur de BU, le dirigeant. Il doit être capable de valider un livrable, détecter une incohérence, sentir quand quelque chose sonne faux : parce que ses fondations cognitives ont été construites couche après couche.”
A garder en tête ?
- Ancrez les discours sur l’IA dans l’apprentissage. Le bon récit : l’IA amplifie une compétence, elle ne remplace pas l’apprentissage.
- Encadrez l’IA en fonction de la séniorité : formez les juniors à faire “sans”, apprenez aux confirmés à augmenter, outillez les managers pour piloter.

Le seul site de rencontre où vous êtes sûr
de ne pas vous tromper
Par Mickaël, cupidon corporate
Deux jours avant la Saint-Valentin, nous avons lancé avec le Conseil National des Barreaux une campagne digitale qui détourne les codes des sites de rencontre pour rappeler une vérité essentielle : en matière de droit, toutes les rencontres ne se valent pas. A l’heure où l’on cherche des réponses juridiques comme l’on ferait son marché sur une appli de rencontre, le public confond souvent accès à l’information et véritable conseil. La campagne joue ce décalage avec humour en présentant avocats.fr comme« le seul site de rencontre où vous êtes sûr de ne pas vous tromper ».

Derrière ce clin d’œil pop, un message de fond : le droit n’est pas un produit, mais une relation d’engagement. Le serment et la déontologie, souvent invisibles pour le justiciable, deviennent ici la véritable promesse de matching.
La direction artistique assume pleinement cette référence culturelle avec une approche 100 % typographique, inspirée des interfaces de dating : accroches courtes, mécaniques de matching visuelles, codes coloriels vifs et contrastés qui évoquent immédiatement l’univers des applications de rencontre.
Ce traitement minimaliste et digital-first crée un décalage complice tout en laissant toute sa place au message.
Plus qu’un annuaire, avocats.fr s’affirme ainsi comme la porte d’entrée vers une rencontre encadrée, responsable et sécurisée : celle d’un professionnel tenu de défendre uniquement les intérêts du justiciable.
Et pour vous ?
- Détourner un code, une référence connue peut capter l’attention sans décrédibiliser, à condition que la promesse reste claire et immédiate.
- Pensez minimaliste mais maxi-effet : une idée forte, des phrases courtes, un univers graphique simple pour une campagne mémorable, et plus facile à décliner sur vos formats digitaux et institutionnels.

À bientôt,
La team We are together

